
Comment tout ça a commencé ?
Je ne sais plus très bien comment tout cela a commencé. D'ailleurs pourquoi faut-il un début, une fin ? Pourquoi faut-il un encore, un depuis, un toujours ? Maintenant n'est il pas suffisant ?
Le temps est une invention des hommes pressés, des hommes stressés certains pour accrocher leurs souvenirs, d'autres pour se savoir en vie. Le temps est une invention des gens qui n'en n'ont pas, qui ne le prennent pas ou qui le partage. Moi, j'ai un rêve d'absolu, de persistance et de toujours; un rêve où chaque instant est différent.
Savez vous que chez certaines peuplades d'Afrique, il existe que des hiers, des aujourd'hui et des demains. L'après demain n'existe pas. Seules les lunes comptent parfois. Oui, c'est ça, les lunes.
Tout n'est qu'un éternel recommencement, partir, revenir, partir puis revenir encore, se croiser, se reconnaitre puis disparaitre, pour mieux se retrouver, peut être, ici, ailleurs, dans un autre ailleurs. Tout est question d'oscillations, de vibrations.
On va dire qu'il y a quelques lunes, par hasard, en voyage sur ma comète, je croise sur une planète, une toute petite planète perdue au milieu de l'univers, un ange.
L'ange s'est échoué, là il y a quelques lunes aussi, quelques hivers.
D'après mes calculs, cela fait environ 11000 lunes que cet ange s'est posé sur cette planète. Là haut, sur mon étoile, j'ai souvent revé de croiser des anges. Oh !, j'en ai déjà croisé quelques uns, bien peu, mais si peu, tellement peu... un,.. deux tout au plus.
Cet ange là, ne vole plus. On lui a cassé les ailes sur cette planète. La malice, la médrocrité des hommes. Oui, les anges c'est comme ça. Un coeur énorme et de toutes petites ailes pour les porter. Parfois, il y a un peu de vent et hop ils tombent. Parfois, ils se relèvent, parfois pas. Mais leurs ailes gardent toujours les cicatrices de leur chute.
Moi, cet ange, j'ai envie de le voir voler un jour, de le voir sourire toujours, de l'amener découvrir ma planète, mon univers, de partager ses rêves pour lui faire découvrir les miens.
Drôle d'endroit pour une rencontre, une petite planète au milieu de l'univers, rencontre avec des mots perdus au milieu d'un univers de mots. Pas un regard, non non, pas une parole échangée. Rien de tout cela, que des mots posés sur un papier virtuel. Des mots que demain, les gros ordinateurs auront avalés, digérés, perdus dans leurs archives puis effacés de leurs disques durs.
C'est pas grave, la magie de la rencontre est intacte. Enfin, pour moi petit être lunaire, l'enfant qui refuse de grandir et qui continu à croire en ses rêves de môme.
J'ai été bercé par le son de ses mots comme on peut être bercé par le son d'une voix, ... chaude profonde. L'intonation de ses mots, la fluidité de son style sont autant d'invitations au voyage, à entrer dans son monde. Tout y est, la douceur des chants des oiseaux de la savane africaine, le calme du couché de soleil après une longue journée sur les mers chaudes des caraïbes, le parfum des champs d'Ylang-Ylang. J'ai parcouru sa planète, pourtant je n'avais sans jamais croisé ce petit ange. C'est finalement sur une planète bien irréélle que j'ai croisé sa trace, écrite, là sur un support factice.
Merde ! pourquoi n'ai-je pas rencontré cet ange quand il savait voler ?
Vite petit ange, réveille tes mains, réveille ta terre et fait nous rêver. Petit ange, réveille ton coeur et fait moi rêver, moi, le petit prince égaré sur ta planète.
Pourquoi faut il que je regarde les anges qui ne me voient pas ?
Pourquoi faut il se séparer ?
Pourquoi faut il attendre et pas profiter de l'instant, ici maintenant ?
Pourquoi faut il des "Pourquoi", des "Comment" ?
Soudain, mon esprit s'arrête sur cette citation de Romain Gary "Sans imagination, l'amour n'a aucune chance"
Non, cela aurai pu commencer par un poème. Quelques mots déposés sur une feuille quadrillée.
Cela aurai pu donner à peut prêt ceci :
"
Elle est un peu comme le vent dans les arbres,
Elle passe et laisse l'empreinte d'une trace.
Un geste, un regard ou un mot...
Mais que ce souvenir est beau.
Elle voit la vie comme un jeu
Où chacun joue de ses rêves
Pour s'approprier un peu de joie,
Pour se sentir un peu roi.
Elle vit dans un monde à part
Où peu d'adepte s’égare.
Et sans s'apitoyer sur ces vautours,
Elle sourit jour après jour.
Son coeur est un peu fragile
Mais son âme l'apprivoise.
Comme un rempart qui se dresse
Lorsque la réalité blesse...
Elle dit "la liberté
C'est à nous de la trouver"
Chacun suivant son chemin,
parfois main dans la main...
"

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